Faut-il vraiment accélérer en fin de course ? Ce que dit la recherche sur les negative splits
Publié le 31/07/2026
« Gardez de la réserve, accélérez sur la fin » : c'est sans doute le conseil de pacing le plus répété en course à pied. Les records du monde semblent lui donner raison — mais la réalité est plus nuancée dès qu'on sort de l'élite.
Ce que montrent les records du monde
Une bonne partie des records du monde du marathon sont courus en negative split (deuxième moitié plus rapide que la première) ou en allure quasi régulière. Mais l'exception est instructive : Mary Keitany, détentrice du record du monde féminin en course « women only », l'a établi avec un positive split de plus de 3 minutes — la preuve qu'une stratégie unique ne s'applique pas à tout le monde, même au sommet.
Pourquoi ça ne se transpose pas forcément à votre course
Une étude récente sur la physiologie et la psychologie des negative splits confirme des bénéfices réels : épargne du glycogène, meilleure thermorégulation, moins de dérive cardiovasculaire en fin de course. Mais un article scientifique sur le pacing en marathon élite plaide justement contre le negative splitting systématique en compétition, et la littérature plus large converge : pour la majorité des coureurs non-élites visant un temps précis, une allure régulière (voire très légèrement positive) reste la stratégie la plus fiable.
Le negative split est difficile à exécuter en pratique : partir « trop prudent » de délibéré est contre-intuitif en plein excitation de départ, et le rythme réel choisi au 5e km dépend rarement d'un plan mûrement réfléchi. Résultat : viser un negative split sans entraînement spécifique au pacing mène plus souvent à un ratage de l'objectif qu'à une performance record.
Pourquoi le tableau de passage n'est jamais tout à fait exact
L'explication de cette calculette le mentionne déjà : les distances officielles sont mesurées « au plus court ». Ce n'est pas une approximation vague. La norme utilisée par World Athletics et USA Track & Field s'appelle le Short Course Prevention Factor : elle ajoute officiellement 0,1 % à la distance mesurée d'un parcours homologué — environ 5 mètres de plus sur un 5 km, 42 mètres sur un marathon.
Cette marge existe parce qu'il est physiquement impossible, à vélo équipé d'un compteur de précision, de suivre la trajectoire la plus courte au mètre près sur tout un parcours. Elle explique aussi, très concrètement, pourquoi une montre GPS affiche presque toujours une distance légèrement supérieure à la distance officielle même en courant la ligne parfaite : le parcours réel homologué est, par construction, un peu plus long que le nombre rond annoncé.
Concrètement : le tableau de temps de passage de cette calculette suppose une distance exacte. En course réelle, comptez sur quelques mètres, voire quelques dizaines de mètres, de plus que l'affichage — et donc sur un temps de passage légèrement supérieur à celui calculé, même en tenant parfaitement votre allure.